Chemin Sainte-Foy vers 1951

Chemin Sainte-Foy vers 1951
1951 Boucherie Bégin et les commerces avoisinants. Il s'agit d'une photographie représentant la boucherie Bégin située au 900, chemin Sainte-Foy, entre les avenues Saint-Sacrement et Marguerite-Bourgeoys. On y voit également les commerces avoisinants, dont la lingerie Leduc. Le cliché a été pris en direction nord. Fonds : Ville de Québec. Cote : Q-C1-14-N002934

dimanche 5 mars 2017

La route des Bell

La côte Saint-Sacrement, comme tout le monde l'appelle, est une véritable icône du quartier mais elle n'a pas toujours porté ce nom.


La route des Bell
Source:  BAnQ, cote E6,S7,SS1,P4799
Photographe Jean Langevin, 1941

Ce chemin, ouvert au milieu du 19e siècle, est alors connu comme la route des Bell ou le chemin des Bell ainsi nommé parce que les frères David et William Bell opéraient une importante manufacture de poterie et brique près de la rivière Saint-Charles, à l'angle de l'actuel boulevard Hamel et de l'avenue Saint-Sacrement.  


Plan de 1867 - Honorius Sisson Sitwell
Sheet III, plan XII
Source:  BAnQ, cote P600,S4,SS2,D634

Sur le plan qui suit, daté de 1871, l'avenue Saint-Sacrement est identifiée comme étant le chemin des Bell.  

Plan de 1871
Source:  BAnQ cote E21,S555,SS3,SSS1,P32.2

Vers 1916
Source:  Archives Ville de Québec, cote CI-N010751

"Les Écossais William et David Bell investissent des capitaux dans une manufacture de poterie, sans être eux-mêmes potiers – ils se disent cultivateurs et commerçants lors du recensement de 1871. Leurs ouvriers (une vingtaine d’hommes en 1861 et 24 hommes, quatre femmes, trois garçons et trois filles en 1871) sont dirigés par quelques artisans-potiers, au départ les Écossais William Steele et John Levack.  (...)  La manufacture est située à l’angle du boulevard Wilfrid-Hamel et de l’avenue Saint-Sacrement (l’ancienne route des Bell), près de la rivière Saint-Charles. La poterie Bell est active de 1845 à 1932 et produit à l’origine des briques (à la suite des incendies des quartiers Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste à Québec en 1845), auxquelles s’ajouteront des pots à plantes et des drains agricoles en terre cuite grossière sans glaçure, des tuyaux d’égout en terre cuite grossière à glaçure brune, des terrines en terre cuite grossière de type Angleterre du Nord-Est, des théières et des crachoirs en Rockingham, des pipes en terre cuite fine argileuse blanche ou rouge et des jarres, des cruches, des conduits de cheminée et des mitrons."


Extrait de  PATRIMOINE ARCHÉOLOGIQUE DES POTERIES, BRIQUETERIES, TUILERIES ET FABRIQUES DE PIPES AU QUÉBEC.  Étude produite dans le cadre de la participation du Québec au Répertoire canadien des lieux patrimoniaux, volet archéologique, rapport Ethnoscop, page 11


La poterie Bell sera en opération de 1845 à 1932 et pendant toutes ces années la côte portera ce nom.  


1917
Source:  Archives Ville de Québec, cote CI-N010746

Vers 1930
Source:  Archives Ville de Québec, cote CI-N010743

En 1915,  les Pères du Très-Saint-Sacrement font l'acquisition d'un immense terrain sur le côteau Sainte-Geneviève, à la jonction de la route des Bell et du chemin Sainte-Foy, pour y construire une première église et un noviciat.  Ils érigeront peu de temps après un petit oratoire en souvenir de la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon.  On aperçoit cet oratoire sur la photographie suivante.


Avant 1941
Source:  Archives Ville de Québec, cote Q-D4-08-N009016

Le père Pierre-Julien Eymard, qui avait fondé la congrégation des Pères du Très-Saint-Sacrement à Paris en 1856, avait une dévotion particulière pour la Vierge de Notre-Dame de Fourvière à Lyon.  Voilà pourquoi les Pères du Très-Saint-Sacrement de Québec s'en sont inspirés pour faire ériger ce petit oratoire surmonté d'une statue de la Vierge.


Source:  archives des Pères du Très-Saint-Sacrement
Provenance:  brochure Loisirs Saint-Sacrement

Basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon
Source:  Wikimedia
détail d'une photographie de Clément Bardot
 CC BY-SA 4.0
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=40019722

Le petit oratoire sera démoli en 1941 en prévision des travaux d'élargissement de la côte Saint-Sacrement.


À l'intersection du boulevard de l'Entente
1941
Source:  Archives Ville de Québec, cote CI-N010730

1941
Source:  BAnQ, cote: E6,S7,SS1,P4804
Photographe Jean Langevin

La photographie suivante nous montre qu'une grotte avait été aménagée dans le talus à proximité de l'embranchement du boulevard de l'Entente.  Cette grotte, dédiée à Notre-Dame-de-Lourdes, a été démolie lors des travaux d'élargissement de la côte Saint-Sacrement.  Les anciens se rappeleront qu'il y avait une source d'eau près de celle-ci et semble-t-il qu'on peut encore la voir couler.


Source:  archives des Pères du Très-Saint-Sacrement
Provenance:  brochure Loisirs Saint-Sacrement

Pendant les travaux d'élargissement de la côte
1942
Source:  Archives Ville de Québec, cote CI-N010738

Le chemin des Bell, ou si vous préférez la côte des Bell, changera de nom en 1943 et deviendra l'avenue Saint-Sacrement.


Photo aérienne 1947
Source:  BAnQ, Fonds Canadian Pacific Air Lines Limited
Cote P690

1948
Source:  Archives Ville de Québec, cote P012-N023747
Fonds W. B. Edwards inc.

La côte Saint-Sacrement a déjà connu des heures de gloire comme en témoignent les photographies suivantes prises à l'occasion de diverses éditions du Carnaval de Québec.


1959
Source:  site web bilan.usherbrooke.ca
Provenance de la photo:  BAnQ.


1961
Source:  site web bilan.usherbrooke.ca
Provenance de la photo:  BAnQ.

1961
Source:  site web bilan.usherbrooke.ca
Provenance de la photo:  BAnQ.

Au pied de la côte, à gauche, le poste Montcalm de la "Québec Power".
Vers 1960.
Source:  Archives Ville de Québec, cote Q-C1-14-N004423

2017
Source:  Google Earth




Recherche et rédaction:  Michel Jutras pour le Conseil de quartier Saint-Sacrement

jeudi 2 février 2017

Le pin de monsieur Holland




Pourquoi avoir inscrit sur ce plan de 1865 l'emplacement exact d'un arbre?  Ce genre de détail n'est pas commun.   Et pourquoi l'avoir désigné nommément le Holland Tree hormis le fait qu'il se trouvait sur la propriété ayant appartenu à Samuel Holland ? 


Plan 1865, Sheet IV.9, Honorius Sisson Sitwell
Source:  BAnQ, cote P600,S4,SS2,D634,P20

On sait que Samuel Holland avait aménagé sur sa propriété un petit cimetière entouré d'un muret de pierres à proximité d'un pin immense.  À sa mort, sa dépouille y aurait été enterrée.  On sait aussi que le corps de son fils, Samuel Lester Holland, y a été inhumé en 1795.

"Le Major Holland expira en 1801... Il s'était préparé au milieu de son domaine un petit cimetière privé où devaient reposer ses cendres et celles des membres de sa famille.  L'enclos entouré d'un muret solide, était ombragé d'un pin majestueux, lequel, à raison du rôle qu'on lui prêtait dans un duel mémorable, est devenu légendaire."          Source:  Monographies et esquisses, J. M. LeMoine, Québec, Imprimerie de Jos.-G. Gingras et Cie, 1885.


Esquisse tirée de "The Life and Times of Major Samuel Holland"
par Willis Chipman, 1923, page 68


James M. LeMoine décrit ainsi la vue que l'on avait du célèbre pin du domaine Holland:  "... To a person looking from de main gate, at Spencer Wood, in the direction o the south gable of Holland House, exactly in a straight line, no object intervenes, except a fir tree, wich detaches itself on the horizon, conspicius from afar, over the plantation wich fronts the St. Foye road.  That tree is the Holland Tree.  Well !  What about the Holland Tree?..."         Source:  Picturesque Quebec, a sequel to Quebec past to present, J.-M. LeMoine, Dawson Brothers, Publishers, 1882.


La légende veut que Samuel Lester Holland se soit battu en duel sur le domaine de son père sous l'immense pin.  Le fait est que le premier duel mortel sous le régime britannique a eu lieu non pas à Québec mais à Windmill Point à Montréal.


Windmill Point en 1831, James Duncan
Don de Monsieur David Ross McCord
http://collections.musee-mccord.qc.ca/fr/collection/artefacts/M683/

Le jeune officier du 60e Régiment était le quatrième fils de Samuel Holland et de Marie-Josephte Rollet.  Personne ne sait pourquoi il avait eu maille à partir avec Lewis Thomas Shoedde, lieutenant dans le même régiment que Lester Holland mais les deux belligérants décidèrent de règler l'affaire à Montréal dans un duel que l'on savait mortel.

Mais avant que l'affrontement n'ait lieu, Samuel Lester Holland aurait écrit à son père pour lui demander conseil lequel, en guise de réponse, lui aurait expédié de Québec sa paire de pistolets avec ces mots:  "Samuel, mon fils, voici les pistolets que mon regretté ami, le général Wolfe, a bien voulu me faire présent le jour même de sa mort.  J'espère que tu sauras t'en servir de façon à conserver sans tache le vieux nom de notre famille."  Extrait de Le duel au Canada publié par Aegidius Fauteux en 1934 aux Éditions du Zodiaque de la Librairie Déom et Frères à Montréal.

Dans le livre d'Aegidius Fauteux Le duel au Canada on raconte ce qui suit:  "La fatale rencontre eut lieu, non pas en 1799, comme on l'a dit quelques fois, mais en mars 1795, près de la Pointe-du-Moulin-à-Vent, à Montréal, où stationnait alors le 60e Régiment.  Au premier coup, l'enseigne Holland fut mortellement atteint et, après avoir été transporté au Merchants Coffee House sur la rue Capitale, il expirait quelques heures plus tard au milieu des plus atroces douleurs.  La malheureuse victime fut inhumée à Québec le 29 mars 1795."


Par Ilia Repine, 1898
Le duel d'Eugène Onéguine et de Vladimir Lensky
Inspiré du roman éponyme d'Alexandre Pouchkine
Source:   Wikipédia.

James-M. LeMoine a écrit sur les motifs qui ont conduit le jeune Holland et le lieutenant Shoedde à vouloir en découdre les armes à la main.  Il a évoqué une histoire intime entre Lester Holland et la femme du lieutenant lors d'un événement mondain au Château Saint-Louis mais connaissant le goût de l'embellie de Sir James-M. LeMoine, quelques historiens ont par la suite mis en doute ce scénario.  Un autre beaucoup moins romanesque tient du fait que le duel aurait eu lieu à l'issue d'une partie de cartes.

Dans une chronique du journal The Quebec Mercury, le 1 juillet 1862, James-M. LeMoine raconte aussi que lorsque Samuel Holland a aperçu le corps sans vie de son fils Lester, il aurait dit:    "Mon fils bien-aimé, quand le Général Wolfe m'a remis sur les plaines d'Abraham ces magnifiques pistolets, jamais je n'aurais cru que tu aurais à t'en servir dans une cause sans gloire."   (traduction libre)

Samuel Holland a ramené le corps de son fils à Québec et l'a fait enterré sur son domaine.


Photographie d'une étude de peinture
du Major Samuel Holland
vers 1900,  sels d'argent, 14,5 cm x 10 cm
source:  Musée du Nouveau-Brunswick, cote 1987.17.460

À la fin des années 1820, le petit cimetière des Holland était toujours en place.  Toujours dans la même chronique, LeMoine le décrit ainsi:  "Le lieu semble toujours sacré et inviolable avec ses deux plaques de marbre gravées au nom de Samuel Holland et de son fils.  Ces plaques sont entourées d'un muret de pierres et protégé par un portique de fer.  Plusieurs inscriptions recouvrent le mur de pierre, souvenirs des nombreux visiteurs du lieu.  Mais après la vente du domaine par M. Wilson en 1843, plus rien ne garantissait que ce lieu de mémoire allait demeurer sacré et inviolable."  ... "Maintenant  il n'y a plus rien.  Le monument de pierres a disparu.  Tout a été rasé au sol, pierres et plaques ont disparu."  (traduction libre)


Mais qu'en est-il réellement des pistolets que Samuel Holland aurait reçu des mains du général James Wolfe?

Dans un article publié dans The Montreal Gazette, le 27 mars 1931,  le journaliste Fred Williams raconte que les pistolets que le Général Wolfe avait légués à Samuel Holland l'avaient sans aucun doute été pendant le siège de Québec et peut-être juste avant sa mort même si ce fait n'est pas vérifiable.

"Death of General Wolfe", Benjamin West (1738-1820)
huile sur toile, 1770, 152,6cm x 214,5cm, cote 8007
Musée des beaux-arts du Canada

Quoiqu'il en soit, il raconte que ces pistolets auraient été en possession d'une dame Welsh de Boston qui en avait hérités semble-t-il d'une belle-soeur, elle-même descendante indirecte de Samuel Holland.  Ce qui prouverait effectivement que les fameux pistolets auraient jadis appartenu à Samuel Holland.  Mais le jour même de la parution de l'article de Williams, on rapporte que le conservateur du Musée McCord avait déclaré que les fameux pistolets étaient maintenant sous sa garde dans une des salles d'exposition de son musée.


Les pistolets du Général James Wolfe
Musée McCord
http://collections.musee-mccord.qc.ca/fr/collection/artefacts/M6753.2.1-2

Ce qui est effectivement le cas.  Le Musée McCord nous confirmait en janvier dernier que les fameux pistolets que le Général Wolfe avait légués à son ami Samuel Holland avaient été acquis à la fin des années '20 comme en fait foi la correspondance échangée en janvier 1927 entre madame A. Welsh et le président du Musée McCord, Monsieur Lighthall.

Aujourd'hui, le parc Samuel-Holland fait partie du quotidien des gens qui habitent le quartier Saint-Sacrement  et si le cartographe Honorius Sisson Sitwell a pris la peine d'inscrire l'emplacement du "Holland Tree" sur un plan de 1865, peut-être souhaitait-il que nous gardions le souvenir de ce fameux duel et de la légende qui voulait qu'il ait eu lieu dans notre quartier !






Texte et rédaction:  Michel Jutras pour le Conseil de quartier Saint-Sacrement


Un merci tout spécial à Heather McNabb, PhD,  de l'équipe Information et référence du Centre d'archives et de documentation du Musée McCord pour les informations sur les pistolets du Général James Wolfe et leur acquisition par le musée.


lundi 9 janvier 2017

L'Habitation familiale de Saint-Sacrement



"Le boom immobilier dans la paroisse est dû en grande partie à la création en 1943 de l'Habitation familiale, oeuvre commune du père Ernest Carrier et de citoyens, dont J.-Wilfrid Caron.  L'objectif de la coopérative est de rendre la propriété accessible aux familles en freinant la spéculation foncière.  Revirement heureux dans un secteur justement fondé par un spéculateur.  On interdit aux acheteurs de revendre leur propriété avec profits tant que la coopérative existera.  L'Habitation familiale fait ouvrir la rue Eymard de même que plusieurs rues et avenues à l'ouest du couvent Notre-Dame-de-Bellevue et à l'est de l'ancien domaine Holland.  Les nouveaux arrivants sont des commerçants, des directeurs d'entreprise, des fonctionnaires et des professionnels.  Les médecins sont nombreux, attirés sans doute par la présence de l'hôpital Saint-Sacrement et du nouveau Jeffery Hale..."    Extrait de Découvrir Québec, La Cité-Limoilou, publié par la Ville de Québec, en 2016,  page 66.


Source:  Archives Ville de Québec, cote P012-N023859
Fonds W. D. Edwards Inc.

Les autorités religieuses, comme on disait à l'époque, n'hésitaient donc pas à intervenir dans le développement domicilaire pour que chaque famille puisse avoir une maison ou un logement convenable à un coût acceptable tout en limitant la spéculation foncière.

Souvent issues du milieu ouvrier, soutenues et encadrées par le clergé et la Ligue  ouvrière catholique (L.O.C.), les premières coopératives d'habitation ont vu le jour à partir du milieu des '40 et avaient toutes comme objectif principal de rendre accessible l'habitation familiale.  La plus importante coopérative du genre aura été, sans aucun doute, celle du curé Chamberland dans le quartier Sainte-Marguerite à Trois-Rivières.

Le 3 décembre 1947, Mgr Georges-Léon Pelletier, évêque de Trois-Rivières, publie un message à l'intention de la Ligue ouvrière catholique de son dicocèse dans lequel il souhaite la plus large diffusion possible du journal officiel de la Ligue ouvrière catholique:  le Front ouvrier.  Il enchaîne par la suite sur l'importance de l'habitation familiale pour faire écho au mot d'ordre des Locistes:  À chaque famille, sa maison.  Le texte qui suit est vieillot bien sûr mais il reflète la pensée de tout un mouvement fondé sur l'accès à la propriété où le clergé était souvent impliqué.


Extrait de l'Action catholique ouvrière, 1953, page 363
Source:  BAnQ


En fondant la coopérative l'Habitation familiale de Saint-Sacrement, le père Ernest Carrier et J.-Wilfrid Caron poursuivaient les mêmes objectifs.

Rappelons à nos lecteurs que le père Ernest Carrier a été le curé de la paroisse du Très-Saint-Sacrement de 1945 à 1951 et que J.-Wilfrid Caron était, à cette époque, l'inspecteur des écoles de Québec avant de devenir le directeur général des Écoles normales du Québec.

En 1946, la Congrégation Notre-Dame qui possède le vaste domaine Bellevue accepte de vendre une large bande de terrains à la coopérative pour permettre l'ouverture de la rue Eymard  à la condition que "... l'acquéreur ne devra permettre la constrution que pour des maisons familiales à logement unique et enlignées les unes vis-à-vis des autres, à des gens ou citoyens de bonne réputation, tant du point de vue moral que social."     Extrait du document Inventaire du patrimoine bâti / Sainte-Foy, Sillery, Saint-Sacrement, publié par la Ville de Québec en 2012.

Nous avons sur la photo qui suit une vue aérienne prise en 1960 lors des travaux d'agrandissement du collège Notre-Dame-de-Bellevue et une belle perspective de la rue Eymard et des maisons construites sur les terrains acquis par la coopérative l'Habitation familiale de Saint-Sacrement.


1960
Source:  Archives Ville de Québec, fonds W.-B. Edwards Inc.
cote P012-N023942

L'année suivante, la coopérative l'Habitation familiale achètera d'autres terrains le long des avenues Madeleine-de-Verchères et Painchaud et poursuivra ses acquisitions à l'est de l'avenue Holland.


Plan tiré du document Saint-Sacrement, nature et architecture, Ville de Québec, 1988

Les photographies qui suivent font partie du Fonds du ministère de la Culture et des Communications (BAnQ).  Elles ont été prises par Joseph Guibord en 1951.  Ce sont toutes des maisons construites à l'époque de la Coopérative l'Habitation familiale de Saint-Sacrement.


Rue Eymard, 1951, photo:  Joseph Guibord
Source:  BAnQ, cote E6, S7,SS1, P54079 - 54093

Rue Madeleine-de-Verchères, 1951, photo:  Joseph Guibord
Source:  BAnQ, cote  E6, S7, SS1, P54079 - 54093

Rue Madeleine-de-Verchères, 1951, photo:  Joseph Guibord
Source:  BAnQ, cote E6, S7, SS1, P54079 - 54093

Rue Painchaud, 1951, photo:  Joseph Guibord
Source:  BAnQ, cote E6, S7, SS1, P54079 - 54093

Rue Painchaud, 1951, photo:  Joseph Guibord
Source:  BAnQ, cote E6, S7, SS1, P54079 - 54093

Rue de Callières, 1951, photo:  Joseph Guibord
Source:  BAnQ, cote  E6, S7, SS1, P54079 - 54093

Rue de Callières, vue intérieure d'une maison, 1951
Photo:  Joseph Guibord
Source:   BAnQ, cote E6, S7, SS1, P54079 - 54093


Une petite rue du quartier Saint-Sacrement, dans l'axe nord/sud, presque vis-à-vis l'avenue Madeleine-de-Verchères,  porte le nom du père Ernest Carrier, co-fondateur de la coopérative l'Habitation familiale de Saint-Sacrement et curé de la paroisse du Très-Saint-Sacrement de 1945 à 1951.


Texte et rédaction:  Michel Jutras pour le Conseil de quartier Saint-Sacrement.



vendredi 2 décembre 2016

Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

Sur le boulevard René-Lévesque, entre les avenues Louis-Fréchette et Joffre, se trouve le Collège Garnier.  Son vrai nom:  le Collège des Jésuites Saint-Charles-Garnier.

Photo:  Michel Jutras 2016

Les premiers Jésuites débarquent à Québec en 1625.   Dix ans plus tard, ils fondent le premier établissement d'enseignement en Amérique du Nord et en 1639, construisent leur premier collège sur la place de l'Hôtel-de-ville que nous connaissons aujourd'hui.


Le collège et l'église des Jésuites
Gravure réalisée en 1882 d'après un tableau de Richart Short peint en 1760
Source:  Archives Ville de Québec, cote: CI-N016369

Quant à Charles Garnier, il arrive à Québec le 11 juin 1636.  Il est Jésuite bien sûr comme son collègue Jean de Brébeuf.  Il partira en mission dans la baie Georgienne auprès des Hurons et y périra le 7 décembre 1649.  Son nom sera donné au Collège des Jésuites de Québec et celui de Brébeuf au Collège des Jésuites de Montréal.

Après avoir été dissoute par le pape Clément XIV en 1773, la Compagnie de Jésus est interdite deux ans plus tard au Canada.   Le collège est alors transformé en caserne pour les troupes anglaises.


Peinture J. Grant 1825
Source:  BAnQ, cote : P600, S5, PAQ11

En 1789, les quelques Jésuites qui demeurent toujours à Québec font cession de tous leurs biens au peuple du Canada et en 1800, le dernier Jésuite au Canada, le père Casot, décède.

En 1878, près de deux-cent-trente ans après sa construction, le collège des Jésuites sera démoli pour faire place à l'Hôtel-de-ville de Québec en 1895.


Vers 1850, quelques années avant sa démolition.
Photo:  Livernois
Source:  Musée McCord, cote: MP-0000.1627


En 1925, les Jésuites reviennent à Québec poursuivre leur mission d'éducation et d'enseignement.

En 1930, le collège des Jésuites est rétabli à Québec et un externat classique s'installe dans l'ancien presbytère de la paroisse Notre-Dame-du-Chemin en attendant l'ouverture du nouveau collège.

Celui-ci sera construit sur un immense terrain en bordure du boulevard Saint-Cyrille.  Le Collège des Jésuites Saint-Charles-Garnier sera inauguré le 25 septembre 1935.


La classe de Rhétorique 1939 comptait dans ses rangs
un étudiant qui allait devenir célèble:  René Lévesque !
Source:  Archives du Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

En 1940, les Jésuites construisent une résidence attenante au collège pour que les chambres occupées par ceux-ci dans le collège soient converties en salle de cours.


Classe Éléments latins 1942-1943
Source:  Archives Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

Journées fédérales des Scouts, 1950, rassemblement devant le collège
Photo:  Neuville Bazin
Source:  BAnQ, cote : E6, S7, SS1, P80678

Avant 1950
Photo:  Louis Lanouette
Source:  Archives du Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

1953
Photographe non identifié
Archives du Collège des Jésuite - Saint-Charles-Garnier

Classe Éléments latins 1952-1953
Source:  Archives Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

En 1954, l'aile Marquette sera construite avec une salle de théâtre, des salles de cours et des laboratoires.

Photo:  W. B. Edwards
Source:  Archives du Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

Le 12 janvier 1950, Maurice Richard visite le collège
De gauche à droite:  Léo Granelle, P. Paul Aquin sj,
Normand Dussault, Bob Filion, Maurice Richard
et devant lui le jeune Claude Robitaille
Archives du Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier

Le premier laïque a être engagé au collège sera Jean-Claude Caron qui occupera le poste de secrétaire administratif avant de devenir chef du département des Sciences et professeur de biologie.

En 1963, un gymnase est ajouté à l'arrière du collège et est inauguré au mois d'octobre.

En 1967, les premières étudiantes font leur entrée au collège.

En 1968, le collège compte 1 000 élèves dont 552 au niveau collégial et 438 au niveau secondaire.

Au mois d'août 1969, le cours classique cesse d'exister.  Cette année-là, la section collégiale est abandonnée au profit de la mise en place du Cégep Garneau.  Le nombre d'élèves passe alors de 1 000 à 435.

En 1981, une corporation laïque prendra la relève institutionnelle et se portera acquéreur du collège lui-même en 1987.

Aujourd'hui le Collège des Jésuites Saint-Charles-Garnier est un des ensembles immobiliers du quartier Saint-Sacrement ayant une valeur patrimoniale supérieure.


Photo:  Jean Gagnon 2015
Source:  Wikimedia Commons


Photo:  Michel Jutras, 2016

Photo:  Michel Jutras, 2016


Recherche et rédaction:  Michel Jutras pour le Conseil de quartier Saint-Sacrement.


Sources documentaires:

Gabriel Boivin, courte monographie sur le collège Saint-Charles-Garnier, octobre 2016
Jean-Claude Caron, finissant de 1944, courte monographie sur le collège Saint-Charles-Garnier, 1973

Un merci tout spécial à Madame Carole Beaudin, service des Archives du Collège des Jésuites - Saint-Charles-Garnier